18 mai 2019 - Musée d'Art et d'Histoire Paul Eluard de Saint-Denis

2019-05-18

Œuvre de Nicolas Frize, sur un Livret composé à partir des « Lettres à Gala »
(Ed. Gallimard)

Pièce pour Baryton et Piano avec François Leroux et Jeff Cohen

Musée d’Art et d’Histoire Paul-Eluard de Saint-Denis – 18 mai 2019  

Dans le cadre de la Nuit des Musées et de la nouvelle dénomination du Musée de St-Denis.

Gratuit sur réservation : 01 42 43 37 57


Le livret, réalisé par le compositeur en 1995*, est un montage chronologique de phrases puisées dans les 24 années de correspondances qui ont liée Paul Eluard à Gala.
Deux grands thèmes furent retenus : la relation amoureuse de l'auteur à Gala (les mots décrivent l'amour qu'il lui porte, les sentiments qu'elle lui inspire, l'imaginaire qu'il s'en fait…) et la relation de l'auteur à son propre corps (avec son lot de vieillesse, de maladie, de sensations physiques diverses…). Ces deux thèmes vont se déployer le long de la partition de façon simultanée et chronologique : le pianiste parle le sentiment amoureux, le chanteur chante le rapport au corps. Le piano, sorte de troisième discours, triangule et extériorise les deux premiers textes. Ces trois modes sonores (textes du pianiste, piano, textes du chanteur) conservent globalement une certaine abstraction. Les deux progressions, avec leur autonomie et leur évolution propre, s'imbriquent par leur contenu. Nous sommes soudain plongés dans vingt-quatre ans d'une intimité singulière, d’une multiplication de mots en profondeur et d'anecdotes en surface, témoins involontaires du choc trivial entre un quotidien ordinaire et cyclothymique et la saveur extraordinaire d’une relation aussi passionnelle que poétique. Nos yeux n'en croient pas leurs oreilles, la lecture de ces correspondances est à la fois savante et incompréhensible ; ces lettres que Paul Eluard adresse à Gala témoignent de façon régulière et constante d'une histoire parallèle qui se joue ailleurs, remplissant leur vie entre les lettres, dans leurs relations physiques, leurs échanges intellectuels, leurs projets communs. Le rapport au texte est distancié, mais de façon modulée. Les hauteurs, les intervalles (constamment petits et exceptionnellement grands), les nuances et l'articulation rythmique conservent une retenue à l’égard du texte, pour mieux le servir en tant qu’essence ou rendu musical et non pas en tant que support sémantique. Le travail vocal demandé au chanteur n'appartient pas au répertoire chanté "traditionnel", mais parcourt un champ contradictoire, à la fois sonore et musical, expressif et neutre, sensible et anecdotique (à l'image du livret). Les phrases parlées, chuchotées ou prononcées de façon expressive, sont écrites dans la continuité, comme des matières musicales "chantantes" et non comme des ruptures.


* Cette pièce a été commandée dans le cadre du centenaire de la naissance de Paul Eluard à Saint-Denis, elle fut donnée par François Le Roux et Noël Lee au Pavillon de Musique de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur de Saint-Denis.

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