Virtuoses de nature
La Musique rencontre le végétal
2025-05-24Parc départemental du Sausset (93)
Création musicale pour soprano, ténor, baryton, 9 flûtes, 4 clarinettes, 5 saxophones, 7 cors, 2 pianos, 13 percussions, 4 violons, 4 violoncelles, 7 pièces enregistrées et de multiples œuvres plastiques... avec la coopération de chercheurs, d’étudiants, de lycéens et collégiens d’Île-de-France
Un concert déambulatoire, allant de la pelouse à la forêt : un véritable collier de partitions pour traduire en écriture musicale divers comportements intériorisés du monde végétal !
Concerts éternellement gratuits
Ces concerts du 24 mai 2025 se déroulent en plein cœur de ce jeune parc de la Seine-Saint-Denis, le long d’un parcours qui va d’une prairie d’agréments à une forêt (Natura 2000) : un collier de partitions pour 80 interprètes, pièces enregistrées et œuvres plastiques... La spatialisation crée une circulation entre pelouses et sous-bois, se mêlant aux formes des végétaux et de l’espace, jouant avec les auditeurs, les sons et les instruments…
Une résidence
Le compositeur Nicolas Frize achève au printemps 2025 une résidence de 2 ans au Parc Départemental du Sausset. Il visait une rencontre inédite entre deux champs disciplinaires : le monde vivant du végétal et le monde de la musique vivante : : ce sera ainsi l’occasion d’une grande conclusion musicale.
L’objectif est « d’écouter » le végétal - au sens d’une compréhension intime de ses multiples fonctionnements vitaux, afin de tenter de transcrire quelques trajectoires de vie des plantes, des arbres… et de les traduire en notations musicale et graphique !
La résidence a puisé dans une grande palette de connaissances scientifiques, dans des expérimentations, dans la consultation de ressources, s’est attachée à rencontrer des chercheurs, des scientifiques, des techniciens sur le terrain…
En parallèle une approche artistique et coopérative a permis d’impliquer la participation active d’un certain nombre de jeunes, d’usagers du parc et d’étudiants, parmi des élèves des lycées René-Cassin de Gonesse, Germaine-Tillon et Micro lycée du Bourget, du collège Claude-Debussy d’Aulnay-sous-Bois, de l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles…, des conservatoires d’Aulnay-sous-Bois, de Saint-Denis et des CRR de Paris et d’Aubervilliers-La Courneuve.
Plusieurs actions intermédiaires ont été menées : une première performance en juin 2024 avec trente musiciens dans les Pré-Carrés, une exposition de photographies de Bernard Baudin à la Maison du Sausset (ce dernier a accompagné toute la résidence), une transhumance d’une cinquantaine de cloches lors de la Fête de la Vigne, trois dimanches avec musiciens déambulants et des ateliers autour des graines, de la couleur des feuilles, de l’agriculture locale…
Une thématique - Ouïr le végétal
Les plantes, les arbres, sont immobiles ; une grande partie de leur activité est invisible, leur vitesse d’évolution échappe à la perception humaine, leur pluralité est démesurée, leurs particularités toujours uniques, leurs capacités d’adaptation et de développement nous sont encore inconnues, ils rencontrent appuis ou gênes (facteurs physiques ou chimiques), dépendent de l’eau et des ions, mais aussi de l’altitude, de la nature des sols, de la gravité, des températures, du climat (sensible aux effets de manque ou d’exagération, des organismes vivants qui pullulent autour et en eux, des temporalités de chaque événement (lenteurs, vitesses), des raretés et des accumulations, des conditions d’agrégation, de contournement ou d’échappement, etc… Un arbre n’a pas d’origines, il développe lui-même ses propres racines (son passé se dilue dans son futur) et a une activité réflexe incessante : se développer !
Alors ! qu’allons décider d’ouïr ?
Affronter l’illisible, l’indicible, l’invisible, l’inaudible…
Est-il possible d’écrire une œuvre musicale en prise avec quelques aspects généraux de la vie des forêts ?
Ne serait-ce que pour s’atteler à la cécité botanique : cette incapacité qui nous frappe tous à ne pas regarder, voire même de ne pas remarquer les plantes dans notre environnement, est une préoccupation pédagogique forte de la scientifique Catherine Lenne ; elle explique que ce phénomène est dû en partie à notre perception occidentale du temps, (les plantes se développant à un rythme qui n’est pas perceptible par les humains), au manque de contrastes dans le camaïeu de vert qui rend les plantes moins remarquables à nos yeux, à l’impossibilité de communication... Nous donnons priorité aux animaux, en raison de leur mouvement et de leur comportement, reléguant ainsi les plantes à l'arrière-plan. C’est un paradoxe que cette méconnaissance du rôle essentiel des plantes dans les écosystèmes au beau milieu de ces prises de consciences contemporaines et médiatisées pour l’écologie ; cette cécité révèle une déconnexion à la nature bien connue mais plus subtilement un désintérêt pour les petites choses, le minimal, l’invisible, le souterrain, le lent, l’inconnu... On prend le vivant de son époque pour une donnée universelle, normalisée et ordinaire, presque immuable, et l’on pense que les automnes et les printemps se répètent, que le vivant se reproduit, que ce que nous sommes est éternellement ce que nous en pensons. Mais tout change, et ce qui est visible (ou médiatisé) nous cache ce qui change de façon invisible - et structurelle. Ainsi nous sommes des reines et des rois au centre de notre domaine, nous pensons et nous sentons au centre d’un domaine qui est immobile et nous est fidèle, égal à lui-même, en réalité totalement inconnu.
J’ai rencontré sur ma route un anthropocentrisme linguistique qui m’a chahuté et empêché de travailler :
il ne concerne pas seulement la botanique, il est une maladie narcissique qui veut que les humains ressentent, pensent et interprètent tout à partir d’eux-mêmes, de leurs facultés de perceptions et de leurs capacités cognitives (ils inventent ainsi le réel en permanence, jusqu’à inventer de toutes pièces pour certains craintifs, l’irréel !).
Nous plaçons l'humain au centre de la compréhension et de l'interprétation du monde végétal. Cela conduit à une vision déformée de la réalité biologique. Comme l’incompréhensible et l’invisible des époques passées, le prudemment explicable de l’époque d’aujourd’hui font perdurer des difficultés d’énonciations : les scientifiques contemporains ont conservé l’approche linguistique de leurs pairs - grands-pères - pour simplifier leurs tâches. Mais nous, les usagers, sommes confrontés à ces termes courants qu’il nous est difficile d’extraire de leurs références : de fait, les « choses » dont les scientifiques parlent nous deviennent familières alors qu’elles ne le sont pas, elles parlent d’un « monde radicalement étranger », au sens fort du terme, dont les comportements ne peuvent pas être compris si on ne se défait pas de nos places d’humains. Ainsi les termes d’« utile », de « nuisible » ou même de « ressources » sont relatifs à l'usage que l'humain fait de la nature et à sa sensibilité, et ne reflètent pas leur valeur intrinsèque dans l'écosystème.
Que dire de la supposée « compétition » entre les arbres, comme si ceux-ci étaient des agents conscients qui se battent, alors qu’ils « réagissent » (phénomènes de causalité) simplement à leur environnement. Le fait que les substances chimiques (allélopathie) que certaines plantes libèrent inhibent la croissance d'autres, ne nous permet pas de dire que leur intention finale intime est de nuire à autrui à leur profit ! Il en est de même de l’usage du terme de coopération, ou de stress, qui chez les humains combine le physiologique et le psychologique : il laisse nos esprits romantiques vagabonder dans l’idée que les plantes seraient dans l’anxiété ou la détresse, alors qu’on parle de réponses physiologiques à des conditions environnementales défavorables (sécheresse, chaleur, froid, etc.). Les interactions sont généralement le résultat de processus évolutifs, pas de décisions conscientes. Par exemple, la nature obéit de façon structurelle à la loi de la reproduction (ce n’est pas la peine de s’en émouvoir, les humains eux, ont une conscience dans leur cerveau), du coup, toutes les combinaisons incroyables de possibilités d’ovulations et de disséminations ne sont pas à interpréter comme des objectifs de reproduction pour les plantes mais comme la réalisation simple, complexe et parfois subtiles des lois d’opportunités matérielles, chimiques, spatiales… Ce n'est même pas une question de survie, mais une règle intrinsèque. Pas d'émotion, de douleur, de désir ou de plaisir - même si on découvre sans cesse d’incroyables et exceptionnelles situations de réactions opportunes de certaines plantes. Les usages linguistiques n’aident pas les citoyens à cesser de voir le monde à leur image !
En arrivant ici, j’étais impatient de m’atteler à la complexité :
j’ai été servi. Un peu de pelouse pour pique-niquer - en piétinant tout, un peu de forêt sans autorisation d’accès pour ne rien écraser, exploiter à son profit ou accompagner au profit d’autrui, réguler les comportements collectifs ou individuels, entrer ou non dans la chaine alimentaire…, mélanger l’esthétique et l’usage, le déni et la pédagogie, l’intervention ou la régulation ou l’absence, l’interprétation et la prudence, toutes ces questions ne sont plus de l’ordre de l’écologie mais des politiques publiques, nourries d’éthique ou pas, nourries de fierté ou de règles de l’art scientifiques, soumises ou insoumises (?) aux grandes gestions commerciales et vénales qui se sont progressivement mêlées des politiques publiques.
J’avais de l’appétit pour l’inconnu :
pourtant l’homo sapiens ne supporte pas de ne pas comprendre : il a ainsi développé pléthore de stratégies pour compenser sa frustration et alimenter ses fantasmes. Il finance des chercheurs pour savoir, et dès que l’un d’eux se déclare, il respire de plaisir et jouit de progresser. Il fait confiance aux praticiens et aux personnes d’expériences, qui se nourrissent de leur acuité et exercent leur sensibilité sur le long terme. Mais il a inventé aussi des croyances de tous acabits, religions officielles ou vagabondes - c’est le chemin le plus pratique, elles ont le bénéfice de leurs certitudes. Il a aussi inventé les magiciens, les illusionnistes et les voyants. Il a aussi enfanté des artistes, qui font croire à tout ce qu’on ne voit pas, œuvres d’art, artifices, récits, contes et poèmes, mythes et univers fantastiques. En matière de botanique, les chercheurs et les artistes vont plus vite que les religions et la voyance, c’est encourageant !
Choix des évocations retenues
Mvt 1 - L’incroyable prolifération des insectes, volants, rampants, marchands, glissants, nageants…
Mvt 2 - La trame végétale
Mvt 3 - Une véritable ville en sous-sol, multitudes, échanges, complexité
Mvt 4 - Le printemps, l’éveil des sens, la poussée des hormones
Mvt 5 - Le soleil, énergie centrale du monde végétal
Mvt 6 - Les émissions de « gaz » ou effluves émises par les arbres
Mvt 7 - Les dispersions et disséminations, zoochories, autochories, barochories, endozoochories, hydrochories…
Mvt 8 - La ferme photochimique, l’usine à extractions, circulations et échanges
Mvt 9 - La chimie proactive à tous les étages !
Mvt 10 - La chaussette mycorhisienne : entremêlement des racines et des champignons
Mvt 11 - Les champignons décomposeurs, ça absorbe et ça dissous tant que ça peut
Mvt 12 - La production annuelle d’un arbre est de plusieurs milliers de graines (pour leur écrasante majorité perdue)
Mvt 13 - Les principes de causalités, entre besoins, hasards et opportunités
Mvt 14 - Les champignons symbiotiques
Mvt 15 - Le vivant est en dynamique constante, jamais immobile, jamais en équilibre
Mvt 16 - La nuit : fraicheur et discrétion, petites chasses et arrangements, régénérations et prédations
Mvt 17 - La biodiversité, ou l’histoire d’un chaos prolixe, d’un foutoir prospectif et subtil, qui manie le hasard et la nécessité avec une époustouflante adresse, une expérience multimillénaire qui décompose pour composer - et inversement, dans une expansion résolue, une résilience permanente, des aptitudes de mutations et d’évolution surprenantes, un aplomb insolent pour l’adaptabilité (lente)…
Sur le parcours :
- Travaux graphiques in situ de l’artiste Vanille Huet
- Architecture racinienne réalisé par la classe SVT de 1ère de Clément Gillet professeur de SVT au lycée René-Cassin de Gonesse, sur une idée de l’architecte Anne Philippe
- Intervention plastique des classes de 1ère et terminale de l’artiste et professeure d’arts plastiques Joëlle Girard au lycée Germaine-Tillon du Bourget
- Travail de cadavres exquis, autour de la reproduction « sexuée » des plantes réalisé par les élèves de 4ème d’Emilie Leuba, professeure de SVT au collège Claude-Debussy d’Aulnay-sous-Bois
- Intervention lumineuse réalisée par la classe de BTS Cybersécurité Informatique Electronique de Luc Le Carpentier, professeur d’électronique au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, sous l’impulsion du concepteur lumière Nordine Zouad
- Sont remises au public sur le parcours du concert des œuvres de Dana Cojbuc, Olivier Marty, Réjane Lhote et Bernard Baudin. Ainsi qu’un godet de fraises des bois locales !
Dans la clairière finale, rencontres avec des chercheurs sur quatre thématiques :
• Alexis Peaucelle, Directeur de recherche à l’Institut Jean-Pierre Bourgin Plant Science – INRAE Versailles
Présentation : la beauté des plantes
• Jean-Christophe Palauqui , Chargé de recherche à l’IJPB – INRAE Versailles
Présentation : les échelles du vivant, la division des cellules, la notion d’émergence
• Lucie Vincenot , Maîtresse de conférence en biologie et écologie à l’université de Rouen
Présentation : Le règne discret des champignons
• Nicolas Viovy , Ingénieur/chercher à LSCE spécialisé en modélisation des cycles biogéochimiques de la biosphère continentale
Présentation : étude de la façon dont le climat et le changement climatique impactent la végétation, et réciproquement.
_________________________
Production : Les Musiques de la Boulangère
Le dispositif est porté par l'association, soutenue par la Drac Ile-de-France (ministère de la Culture), en conventionnement avec le Département de la Seine-Saint-Denis et la ville de Saint-Denis, ainsi que par la Région Ile-de-France (Permanence artistique et Culturelle) et la Sacem.
Photos : Bernard Baudin
Un concert déambulatoire, allant de la pelouse à la forêt : un véritable collier de partitions pour traduire en écriture musicale divers comportements intériorisés du monde végétal !
Concerts éternellement gratuits
Ces concerts du 24 mai 2025 se déroulent en plein cœur de ce jeune parc de la Seine-Saint-Denis, le long d’un parcours qui va d’une prairie d’agréments à une forêt (Natura 2000) : un collier de partitions pour 80 interprètes, pièces enregistrées et œuvres plastiques... La spatialisation crée une circulation entre pelouses et sous-bois, se mêlant aux formes des végétaux et de l’espace, jouant avec les auditeurs, les sons et les instruments…
Une résidence
Le compositeur Nicolas Frize achève au printemps 2025 une résidence de 2 ans au Parc Départemental du Sausset. Il visait une rencontre inédite entre deux champs disciplinaires : le monde vivant du végétal et le monde de la musique vivante : : ce sera ainsi l’occasion d’une grande conclusion musicale.
L’objectif est « d’écouter » le végétal - au sens d’une compréhension intime de ses multiples fonctionnements vitaux, afin de tenter de transcrire quelques trajectoires de vie des plantes, des arbres… et de les traduire en notations musicale et graphique !
La résidence a puisé dans une grande palette de connaissances scientifiques, dans des expérimentations, dans la consultation de ressources, s’est attachée à rencontrer des chercheurs, des scientifiques, des techniciens sur le terrain…
En parallèle une approche artistique et coopérative a permis d’impliquer la participation active d’un certain nombre de jeunes, d’usagers du parc et d’étudiants, parmi des élèves des lycées René-Cassin de Gonesse, Germaine-Tillon et Micro lycée du Bourget, du collège Claude-Debussy d’Aulnay-sous-Bois, de l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles…, des conservatoires d’Aulnay-sous-Bois, de Saint-Denis et des CRR de Paris et d’Aubervilliers-La Courneuve.
Plusieurs actions intermédiaires ont été menées : une première performance en juin 2024 avec trente musiciens dans les Pré-Carrés, une exposition de photographies de Bernard Baudin à la Maison du Sausset (ce dernier a accompagné toute la résidence), une transhumance d’une cinquantaine de cloches lors de la Fête de la Vigne, trois dimanches avec musiciens déambulants et des ateliers autour des graines, de la couleur des feuilles, de l’agriculture locale…
Une thématique - Ouïr le végétal
Les plantes, les arbres, sont immobiles ; une grande partie de leur activité est invisible, leur vitesse d’évolution échappe à la perception humaine, leur pluralité est démesurée, leurs particularités toujours uniques, leurs capacités d’adaptation et de développement nous sont encore inconnues, ils rencontrent appuis ou gênes (facteurs physiques ou chimiques), dépendent de l’eau et des ions, mais aussi de l’altitude, de la nature des sols, de la gravité, des températures, du climat (sensible aux effets de manque ou d’exagération, des organismes vivants qui pullulent autour et en eux, des temporalités de chaque événement (lenteurs, vitesses), des raretés et des accumulations, des conditions d’agrégation, de contournement ou d’échappement, etc… Un arbre n’a pas d’origines, il développe lui-même ses propres racines (son passé se dilue dans son futur) et a une activité réflexe incessante : se développer !
Alors ! qu’allons décider d’ouïr ?
Affronter l’illisible, l’indicible, l’invisible, l’inaudible…
Est-il possible d’écrire une œuvre musicale en prise avec quelques aspects généraux de la vie des forêts ?
Ne serait-ce que pour s’atteler à la cécité botanique : cette incapacité qui nous frappe tous à ne pas regarder, voire même de ne pas remarquer les plantes dans notre environnement, est une préoccupation pédagogique forte de la scientifique Catherine Lenne ; elle explique que ce phénomène est dû en partie à notre perception occidentale du temps, (les plantes se développant à un rythme qui n’est pas perceptible par les humains), au manque de contrastes dans le camaïeu de vert qui rend les plantes moins remarquables à nos yeux, à l’impossibilité de communication... Nous donnons priorité aux animaux, en raison de leur mouvement et de leur comportement, reléguant ainsi les plantes à l'arrière-plan. C’est un paradoxe que cette méconnaissance du rôle essentiel des plantes dans les écosystèmes au beau milieu de ces prises de consciences contemporaines et médiatisées pour l’écologie ; cette cécité révèle une déconnexion à la nature bien connue mais plus subtilement un désintérêt pour les petites choses, le minimal, l’invisible, le souterrain, le lent, l’inconnu... On prend le vivant de son époque pour une donnée universelle, normalisée et ordinaire, presque immuable, et l’on pense que les automnes et les printemps se répètent, que le vivant se reproduit, que ce que nous sommes est éternellement ce que nous en pensons. Mais tout change, et ce qui est visible (ou médiatisé) nous cache ce qui change de façon invisible - et structurelle. Ainsi nous sommes des reines et des rois au centre de notre domaine, nous pensons et nous sentons au centre d’un domaine qui est immobile et nous est fidèle, égal à lui-même, en réalité totalement inconnu.
J’ai rencontré sur ma route un anthropocentrisme linguistique qui m’a chahuté et empêché de travailler :
il ne concerne pas seulement la botanique, il est une maladie narcissique qui veut que les humains ressentent, pensent et interprètent tout à partir d’eux-mêmes, de leurs facultés de perceptions et de leurs capacités cognitives (ils inventent ainsi le réel en permanence, jusqu’à inventer de toutes pièces pour certains craintifs, l’irréel !).
Nous plaçons l'humain au centre de la compréhension et de l'interprétation du monde végétal. Cela conduit à une vision déformée de la réalité biologique. Comme l’incompréhensible et l’invisible des époques passées, le prudemment explicable de l’époque d’aujourd’hui font perdurer des difficultés d’énonciations : les scientifiques contemporains ont conservé l’approche linguistique de leurs pairs - grands-pères - pour simplifier leurs tâches. Mais nous, les usagers, sommes confrontés à ces termes courants qu’il nous est difficile d’extraire de leurs références : de fait, les « choses » dont les scientifiques parlent nous deviennent familières alors qu’elles ne le sont pas, elles parlent d’un « monde radicalement étranger », au sens fort du terme, dont les comportements ne peuvent pas être compris si on ne se défait pas de nos places d’humains. Ainsi les termes d’« utile », de « nuisible » ou même de « ressources » sont relatifs à l'usage que l'humain fait de la nature et à sa sensibilité, et ne reflètent pas leur valeur intrinsèque dans l'écosystème.
Que dire de la supposée « compétition » entre les arbres, comme si ceux-ci étaient des agents conscients qui se battent, alors qu’ils « réagissent » (phénomènes de causalité) simplement à leur environnement. Le fait que les substances chimiques (allélopathie) que certaines plantes libèrent inhibent la croissance d'autres, ne nous permet pas de dire que leur intention finale intime est de nuire à autrui à leur profit ! Il en est de même de l’usage du terme de coopération, ou de stress, qui chez les humains combine le physiologique et le psychologique : il laisse nos esprits romantiques vagabonder dans l’idée que les plantes seraient dans l’anxiété ou la détresse, alors qu’on parle de réponses physiologiques à des conditions environnementales défavorables (sécheresse, chaleur, froid, etc.). Les interactions sont généralement le résultat de processus évolutifs, pas de décisions conscientes. Par exemple, la nature obéit de façon structurelle à la loi de la reproduction (ce n’est pas la peine de s’en émouvoir, les humains eux, ont une conscience dans leur cerveau), du coup, toutes les combinaisons incroyables de possibilités d’ovulations et de disséminations ne sont pas à interpréter comme des objectifs de reproduction pour les plantes mais comme la réalisation simple, complexe et parfois subtiles des lois d’opportunités matérielles, chimiques, spatiales… Ce n'est même pas une question de survie, mais une règle intrinsèque. Pas d'émotion, de douleur, de désir ou de plaisir - même si on découvre sans cesse d’incroyables et exceptionnelles situations de réactions opportunes de certaines plantes. Les usages linguistiques n’aident pas les citoyens à cesser de voir le monde à leur image !
En arrivant ici, j’étais impatient de m’atteler à la complexité :
j’ai été servi. Un peu de pelouse pour pique-niquer - en piétinant tout, un peu de forêt sans autorisation d’accès pour ne rien écraser, exploiter à son profit ou accompagner au profit d’autrui, réguler les comportements collectifs ou individuels, entrer ou non dans la chaine alimentaire…, mélanger l’esthétique et l’usage, le déni et la pédagogie, l’intervention ou la régulation ou l’absence, l’interprétation et la prudence, toutes ces questions ne sont plus de l’ordre de l’écologie mais des politiques publiques, nourries d’éthique ou pas, nourries de fierté ou de règles de l’art scientifiques, soumises ou insoumises (?) aux grandes gestions commerciales et vénales qui se sont progressivement mêlées des politiques publiques.
J’avais de l’appétit pour l’inconnu :
pourtant l’homo sapiens ne supporte pas de ne pas comprendre : il a ainsi développé pléthore de stratégies pour compenser sa frustration et alimenter ses fantasmes. Il finance des chercheurs pour savoir, et dès que l’un d’eux se déclare, il respire de plaisir et jouit de progresser. Il fait confiance aux praticiens et aux personnes d’expériences, qui se nourrissent de leur acuité et exercent leur sensibilité sur le long terme. Mais il a inventé aussi des croyances de tous acabits, religions officielles ou vagabondes - c’est le chemin le plus pratique, elles ont le bénéfice de leurs certitudes. Il a aussi inventé les magiciens, les illusionnistes et les voyants. Il a aussi enfanté des artistes, qui font croire à tout ce qu’on ne voit pas, œuvres d’art, artifices, récits, contes et poèmes, mythes et univers fantastiques. En matière de botanique, les chercheurs et les artistes vont plus vite que les religions et la voyance, c’est encourageant !
Choix des évocations retenues
Mvt 1 - L’incroyable prolifération des insectes, volants, rampants, marchands, glissants, nageants…
Mvt 2 - La trame végétale
Mvt 3 - Une véritable ville en sous-sol, multitudes, échanges, complexité
Mvt 4 - Le printemps, l’éveil des sens, la poussée des hormones
Mvt 5 - Le soleil, énergie centrale du monde végétal
Mvt 6 - Les émissions de « gaz » ou effluves émises par les arbres
Mvt 7 - Les dispersions et disséminations, zoochories, autochories, barochories, endozoochories, hydrochories…
Mvt 8 - La ferme photochimique, l’usine à extractions, circulations et échanges
Mvt 9 - La chimie proactive à tous les étages !
Mvt 10 - La chaussette mycorhisienne : entremêlement des racines et des champignons
Mvt 11 - Les champignons décomposeurs, ça absorbe et ça dissous tant que ça peut
Mvt 12 - La production annuelle d’un arbre est de plusieurs milliers de graines (pour leur écrasante majorité perdue)
Mvt 13 - Les principes de causalités, entre besoins, hasards et opportunités
Mvt 14 - Les champignons symbiotiques
Mvt 15 - Le vivant est en dynamique constante, jamais immobile, jamais en équilibre
Mvt 16 - La nuit : fraicheur et discrétion, petites chasses et arrangements, régénérations et prédations
Mvt 17 - La biodiversité, ou l’histoire d’un chaos prolixe, d’un foutoir prospectif et subtil, qui manie le hasard et la nécessité avec une époustouflante adresse, une expérience multimillénaire qui décompose pour composer - et inversement, dans une expansion résolue, une résilience permanente, des aptitudes de mutations et d’évolution surprenantes, un aplomb insolent pour l’adaptabilité (lente)…
Sur le parcours :
- Travaux graphiques in situ de l’artiste Vanille Huet
- Architecture racinienne réalisé par la classe SVT de 1ère de Clément Gillet professeur de SVT au lycée René-Cassin de Gonesse, sur une idée de l’architecte Anne Philippe
- Intervention plastique des classes de 1ère et terminale de l’artiste et professeure d’arts plastiques Joëlle Girard au lycée Germaine-Tillon du Bourget
- Travail de cadavres exquis, autour de la reproduction « sexuée » des plantes réalisé par les élèves de 4ème d’Emilie Leuba, professeure de SVT au collège Claude-Debussy d’Aulnay-sous-Bois
- Intervention lumineuse réalisée par la classe de BTS Cybersécurité Informatique Electronique de Luc Le Carpentier, professeur d’électronique au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, sous l’impulsion du concepteur lumière Nordine Zouad
- Sont remises au public sur le parcours du concert des œuvres de Dana Cojbuc, Olivier Marty, Réjane Lhote et Bernard Baudin. Ainsi qu’un godet de fraises des bois locales !
Dans la clairière finale, rencontres avec des chercheurs sur quatre thématiques :
• Alexis Peaucelle, Directeur de recherche à l’Institut Jean-Pierre Bourgin Plant Science – INRAE Versailles
Présentation : la beauté des plantes
• Jean-Christophe Palauqui , Chargé de recherche à l’IJPB – INRAE Versailles
Présentation : les échelles du vivant, la division des cellules, la notion d’émergence
• Lucie Vincenot , Maîtresse de conférence en biologie et écologie à l’université de Rouen
Présentation : Le règne discret des champignons
• Nicolas Viovy , Ingénieur/chercher à LSCE spécialisé en modélisation des cycles biogéochimiques de la biosphère continentale
Présentation : étude de la façon dont le climat et le changement climatique impactent la végétation, et réciproquement.
_________________________
Production : Les Musiques de la Boulangère
Le dispositif est porté par l'association, soutenue par la Drac Ile-de-France (ministère de la Culture), en conventionnement avec le Département de la Seine-Saint-Denis et la ville de Saint-Denis, ainsi que par la Région Ile-de-France (Permanence artistique et Culturelle) et la Sacem.
Photos : Bernard Baudin
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1982Partition écrite pour l'Harmonie des Sapeurs-Pompiers de Paris et douze véhicules d'intervention (accordés)
Musique en blouse
1982Envahissant leur atelier de mécanique générale, sur les machines (fraiseuses, tours, rectifieuses, étaux-limeurs) détournées en instruments de...
Concert vertical
19781979 ?
Les pensées géantes
2025Il y a une vitale demande, désir ou besoin, de relations sociales, de rencontres et de contacts : la lecture, toujours individuelle, devient ici...
Virtuoses de nature
2025Création musicale pour soprano, ténor, baryton, 9 flûtes, 4 clarinettes, 5 saxophones, 7 cors, 2 pianos, 13 percussions, 4 violons, 4...
Oui, bonjour, j'vous écoute...
2023Mouvement salle des mariages de l’Hôtel de VilleCatherine Simonpietri, Chef de chœur, directionEnsemble Séquenza 9.3 : Faustine Rousselet,...
Essaimées
2022« Essaimées » se présente comme un grand concert de plusieurs concerts !La manifestation, donnée les 13, 14 et 15 mai 2022 dans divers espaces...
Palimpsestes
2016Œuvre acousmatique du 11 au 14 octobre 2016Le Groupe de Recherches Musicales de l’INA a souhaité accompagner Nicolas Frize dans la suite de sa...
Silencieusement
2015Concert itinérant en six mouvements - du 7 au 9 octobre 2016La résidence La résidence du compositeur aux Archives nationales, débutée en 2014,...
J'entends tout !
2016Parcours sonore en quatre mouvements, pour instruments, voix et objets sonores avec la participation de l’ensemble de l’école Concert et...
Intimité
2014Nicolas Frize, compositeurPatricia Kraeutler, flûte, Patrice Antonangelo, trompette, Stéfan Legée, trombone, Philippe Legris, tuba, Nadia...
Peut-être, ça va... arriver
2013"Un texte où il est question d’enfance, de souvenirs qui filent, de mémoire qui s’effiloche.Une partition musicale qui joue avec le texte comme...
« Ouïe-Dire »
2013Travail d’écoute, de lutherie (à partir de grès noir et de matériaux naturels), d’écriture sonore et d’interprétation musicale avec huit...
Amours en vie
2013Fête des Vendanges 2013 « Montmartre fête l’amour »Mairie du 18ème à Paris – le 9 octobre 2013Action musicale collective proposée par le...
Chaos à quai
2011 Frénésie musicale de Nicolas Frize« Des sons s’engouffrent dans la gare, il paraît qu’ils viennent de Brives. Filant à vive...
Soufflé
2011Palais de musiques, labyrinthe de voix et d’instruments, loft sonore géant, concert permanent à tous les étages, festival de créations, galerie...
Musique contemporaine au village
2010Chaque année, depuis 2009, Nicolas Frize mène un projet musical avec les élèves et l’équipe pédagogique des écoles maternelle et...
À petits pas
2006Résidence de Nicolas Frize, à l’invitation de la Mairie de Signes et sous l’impulsion d’Alain Maillet, entre septembre 2006 et juin 2007....
Je ne sais pas
2011« Je ne sais pas… » crée de multiples jeux de traduction, que ce soit d’une langue à une autre, ou d’un langage à un autre...
Nébuleuses
2003Entre le gaz, le solide et le liquide, allant des fourmillements aux nappes, des grandes vitesses aux immobilités, des grandes densités aux...
Je t'aime, je meurs
2003Avec François Le Roux et Noël Lee à Saint-Denis, puis Dominique Ploteau et Jonas Vitaud à Paris.Le livret, réalisé par le compositeur, est un...
Desseins
2002(…Cette création et ces concerts sont la deuxième partie de “Carnet de notes”, qui fut donné à la salle de la Légion d’Honneur de...
Carnet de notes
2002« Carnet de notes » : des écritures, jusqu’alors secrètes, fruits du travail studieux, crayonné, raturé, dessiné dans la concentration...
Auguste s'envole
2001Neuf partitions s’enchaînent dans quatre lieux successifs les unes à la suite des autres. Elles ont toutes une durée propre de 9 minutes et sont...
Du plus profond
2000Réalisé avec 300 interprètes cubains (Clôture du Festival de Musique Contemporaine de l’Unéac) puis 300 interprètes français (3 villes de...
Deux instants
1999Avec Isabelle Chevalier, organiste et Lucie Jolivet, voix émergenteDans le cadre du Festival du Groupe de Recherche Expérimentale de MarseilleUn...
Un instant
1994Avec Michel Bourcier, Lucie Jolivet et le chœur des Musiques de la BoulangèreCréation inaugurale du nouvel orgue (facteur Daniel Birouste),...
Le ciel m'est monté à la tête
1982Avec Jean-Louis Bindi, baryton, haute-contre, Nathalie Barbey et Lucie Jolivet, soprani, Nancy Daveau, mezzo, Nathalie Carraud et Agnès Bouy, alti...
Hommage aux mots
1987Avec les voix de C. Rich, Kriss, J. Artur, R. Gicquel, M. Morelli, J. Livchine, L. Badie…Œuvre multi-pistes commandée par le ministère de la...
Vous avez la ligne
1981Avec Béatrice Cramoix, soprano, Pierre Danais, ténor - mise en scène : Mireille LarrocheThème : le Réseau, espace de convivialité insolite dans...
La voix des Gens - La Voixthèque
1997Réalisation en parallèle d’une Voixthèque, mémoire sonore de 200 voix du nord de Paris, d’un ACR - Atelier de Création Radiophonique pour...
La voix des gens - Chronique musicale numéro 7
1997Chronique n° 7 Unitude - L’oreille multiple - Paysage dans la duréeJe me suis engagé une 1ère fois… Je n’aurai donc jamais fini !Faire...
La voix des gens - Chronique musicale numéro 6
1997Chronique n° 6 Multitude - L’oreille singulière - Paysage instantanéIl nous reste tant à ouïr !1 voix + 1 voix = 100 000 voix.Chacun de...
La voix des gens - Chronique musicale numéro 5
1997Chronique n° 5 - Déséquilibre et ordre- L’oreille Immobile - Paysage hors de la matièreLes voix volent, le son semble flotter, se fondre et...
La voix des gens - Chronique musicale numéro 4
1997Chronique n° 4 - Équilibre et désordre - L’oreille Mobile - Paysage dans la matièreAller au fond : le temps d’un questionnement sonore qui...
La voix des gens - Chronique musicale numéro 3
1996Chronique n° 3 - déclaration d’existence - l’oreille traversée - paysage dans le paysageDans une immense friche industrielle abandonnée,...
La voix des gens - Chronique musicale numéro 2
1996Chronique n°2 - exposé de l’altérité - l’oreille en dehors - paysage centripèteLes ressources sonores et donc musicales de l’organe vocal...
La voix des gens - Chronique musicale numéro 1
1996Chronique n°1 - prisme mobile - l’oreille en dedans - paysage centrifugeAu cœur de la voix, son corps.La matière, la couleur, la densité, la...
Tout contre
1993Cette partition est dédiée à l'univers urbain, à son environnement sonore, à ses mélanges, ses bruits témoins de ses richesses, ses échanges,...
Paroles de voitures
1984Cette pièce est écrite à partir des enregistrements de l’usine. Parmi la quasi totalité agressive et néfaste des bruits, parfois, perdus,...
Ici ailleurs
2025Cette performance s'inscrit en 2025 dans le cadre du 40ème anniversaire de la naissance du philosophe (2026) et de celui de la mort (2024).Autour...
Un après-midi en chemin
2023Performance musicale et philosophique conçue à l’occasion du 31e anniversaire de la mort de Félix GuattariLe texte qui court est composé d’un...
Barthes performance
2020À l’occasion du 40e anniversaire de la mort de Roland Barthes, le compositeur Nicolas Frize rend hommage au penseur à travers une création qui...
Composition déjouée
2018Un projet du Collège international de philosophie, imaginé par Nicolas Frize et Corinne Enaudeau, en vue de donner résonance au travail de...
Sur le bout de la langue
2016Première édition (2009) : Performance dans le cadre de la création de Nicolas Frize : Je ne sais pas…Dialogue entre neuf personnages parlant...
Conversations inouïes
2010Séance d’invitation à la peinture, au dessin et à la calligraphie abordés comme des “langues vivantes”. Une double interprétation...
La danse des traductions
2010Un présentateur fou introduit et commente des courts-métrages ou extraits de films projetés dans une salle de cinéma. La programmation mêle un...
Ecoute écoute (1)
2008Paysages transportés, forêt sonore, campagne urbaine et couleurs de ville, océan d’oiseaux et de cailloux, voix de silence et éclair de pluie,...
Petites vacances rue Watt
2005Création à partir d’œuvres personnelles et d’œuvres du répertoireAvec Muriel Ferraro (alto), Christophe Laporte (alto), Florian Westphal...
Une histoire de pigeons et de tourterelles
2002Une quarantaine d'enceintes acoustiques sont disposées autour de la Grande Halle, sur le périmètre extérieur, sous les retombées de la toiture...
Li(v)res en scène
2002Mise en scène à l’attention d’un auditoire préparé, de la lecture silencieuse et collective d’une œuvre littéraire choisie et projetée...
Le flux, la coupure et la suspension
1999Présentation dans quatre cafés de quatre villes du 93 d’un travail de quatre mois, comprenant la constitution d’une mémoire sonore de ces...
L'ouïe, le vide et la musique
1998Présentation musicale, sonore, visuelle… alternative le long d’un immense parcours souterrain, faisant suite à un atelier de recherche...
Révolution, je t'aime
1998Création « presque » spontanée pour un ensemble de douze instrumentistes et une foule pensante et chantante.Un hommage aux 30 ans de la Maison...
Champagne majeur
1991Conception pour le stand de France-musique d’un buffet Musical (enregistré), avec des interventions discontinues du choeur d'enfants et des...
Choeurs de Canal
1981Concert flottant ininterrompu : cinq heures de musique sur bande magnétique et vocale (80 choristes), de lumières, d’artifices, et d’animation...
Les maisons chantent
1981Musique en pistes
1979Ensemble d’œuvres sur bande, créées en multi-pistes, vocales et concrètes.Concert électroacoustique en haute montagne.La régie de...
Deux peintures de peintre
1977Première (et dernière) création exclusivement électronique de Nicolas Frize.réalisée lors d'une résidence de deux mois à la faculté de...
Vases communicants
1976Commande du conseil général de la Seine-Saint-Denis pour la cérémonie des voeux annuels : programme musical constitué de pièces musicales...
Au plus près
2026Cette partition est le fruit d’une recherche sur la voix dans ses liens possibles avec une œuvre électroacoustique originale (accompagnée de 6...
Elle s'écoule
2018Une création sur le thème du DESIR - aboutissement d'une résidence de deux ans avec une cinquantaine de jeunes et une trentaine d'interprètes...
être sujets dans son travail
2014Cette manifestation a été inaugurée à la Maison des Métallos (Paris 11e), les 19 et 20 avril 2012, une seconde édition a eu lieu les 23 et 25...
Fenêtres sur Fenêtres
2014L’association met en œuvre un projet d’envergure, sur le thème de la culture et du travail, associant l’établissement pénitentiaire de...
Le Philharmonique des mots
2010Cent « choristes », deux instrumentistes, un chef d’orchestre, une partition, un livret... et une salle.C’est la recette (culinaire) du «...
Dehors au dedans
2009Un ensemble constitué d’une chanteuse alto et d’une vingtaine de musiciens joue sur une scène éclairée par des petites lampes. Des sons...
Maintenant
2006Sur la résidenceA l'invitation de Radio grenouille, le compositeur Nicolas Frize "entre en résidence" à Marseille. Invité à partager sa méthode...
êtres
2006Une résidence simultanée dans 7 villesCe dispositif de création a offert six situations de résidence simultanées au compositeur Nicolas Frize et...
Nos yeux ont des reflets rouges
2002Inspiré du caractère et de la scénographie des opéras populaires de la période de la révolution culturelle chinoise. Avec Nathalie Barbey,...
Incidemment
1998Toute la relation qui va suivre (mais pas seulement elle, parlons aussi de la façon dont chacun advient mais plus encore, de la façon dont le...
T'entends ce que j'entends ?
1993Avec Marie-Claude Vallin, soprano, Jacqueline Cellier, soprano, Luisa Diez, alto, Gisèle Ergol, alto, Marie Valin, comédienne, Jean-Louis-Bindi,...
Passion profane
1991Partition montée avec une trentaine de détenus longues peines dans le cadre d’une résidence de cinq mois du compositeur dans l’établissement....
Composition française
1991Création sur les apports étrangers présents à travers les siècles dans la culture française : ici comme ailleurs, les notes savantes...
Que souffle la tempête
1989Commande de l'établissement public de Cergy-Pontoise, pour la commémoration de l'anniversaire de la Déclaration des droits de l'homme (création...
Manifeste musical
1989Production organisée en hommage à la Révolution Française, donnée de façon "sauvage" et spontanée, sans autorisation ni aide financièreLe...
Elle est belle
1985Mise en scène Jean-Louis Gros, scénographie Yves Cassagne, Livret de Mathilde La Bardonnie. Orchestre l'Ensemble 2E2M sous la direction de Paul...
Chœurs d'enfants - Marguerite et Boniface
1979« Marguerite et Boniface » à Créteil a marqué la clôture et une sorte d’aboutissement de cette série de créations pour grands chœurs.La...
Chœurs d'enfants - Norbert et Blandine
1978À l’occasion de sa création, l’Atelier Régional de Musique présente le travail que le compositeur Nicolas Frize, conseiller de l’Atelier, a...
Chœurs d'enfants - Léonard et Magali
1977Ce concert est l’aboutissement d’un travail vocal mené pendant deux mois d’animation et de répétitions dans trois écoles primaires de...