Desseins

Création multi disciplinaire (de grande échelle) à partir de l'archéologie

2002-01-01

Ilot Cygne à Saint-Denis - 2004



(…Cette création et ces concerts sont la deuxième partie de “Carnet de notes”, qui fut donné à la salle de la Légion d’Honneur de Saint-Denis en janvier 2003…)

Le thème traite de la place du dessin, de la partition, du graphisme, du plan, dans la conception des projets musicaux, architecturaux, chorégraphiques. Quels dessins pour quels desseins ?
Le projet artistique est interdisciplinaire, étendu dans l’espace et dans le temps - 3 ans de travail et une liaison forte avec les habitants, les institutions musicales, scolaires, les entreprises du département… et fortement relié aux initiatives locales : 30e anniversaire de l’archéologie, accompagnement du projet urbain du centre ville historique, clôture du Festival de Saint-Denis, résidence départementale des Musiques de la Boulangère, partenariat avec la RATP, le TGP, etc.

1.Une œuvre originale composée de trois partitions
   • La première partie s’étend comme un paysage, à la fois musical, chorégraphique, architectural : un espace au travail, une écriture en couches simultanées et successives, appelant la mobilité du spectateur, reconstituant de façon libre tout un monde “ouvrier”, abondant, mobile lui-même et singulier, aléatoire et collectif,
   • La deuxième partie effectue une métamorphose en provoquant une redistribution des sources, des gestes, des lumières : l’espace se transforme radicalement, des partitions disparaissent, le public se nourrit, les façades dévoilent de nouvelles écritures…
   • La troisième partie plus symphonique, groupée et concertante, fait sonner tout l’espace rendu à l’écoute seule, sans lumière.Les interprètes se révèlent en toutes parts, dans un multilangage fourmillant, en forme de tissage horizontal et vertical, embrasant l’architecture et imbriquant tous les éléments précédents : voix, instruments, objets sonores, mouvements dansés, oeuvres graphiques… L’une des façades est interprétée “littéralement” lors du final - le balayage d’un faisceau lumineux permettant de suivre le sens de la lecture musicale.

2. Une mise en œuvre importante en deux ans de résidence
Un grand nombre d’interprètes entrent dans le dispositif : pour la musique, des chanteurs et instrumentistes solistes professionnels, des élèves musiciens du CNR d’Aubervilliers/La Courneuve, des conservatoires et écoles de musique de Saint-Denis, Pierrefitte et Stains, d’un collège d’Aubervilliers, des participants amateurs, habitants du quartier, membres du chœur des Musiques de la Boulangère, personnels des entreprises participantes, pour le dessin et l’architecture, des élèves en Arts Plastiques de lycées de Saint-Denis, Montreuil et du Raincy, des étudiants de l’École Nationale Supérieure de Versailles, pour la danse, la compagnie Des Prairies, des jeunes filles de l’Ecole Nationale de la Légion d’Honneur, des enfants de l’école maternelle de La Source et de l’école primaire Roger-Sémat.
Un travail parallèle est effectué avec le concours des élèves du lycée professionnel d’hôtellerie Rabelais de Dugny ainsi que du BTS audiovisuel du Lycée Suger de Saint-Denis et un important dispositif de mémoire sonore du monde du travail est mené avec les CE des entreprises Rateau (La Courneuve), Tiru (Saint-Ouen), La Poste (Bobigny et Saint-Denis), Bosh (Saint-Ouen) et CPCU (Saint-Ouen) : enregistrements des sites de production ou de travail, création musicale avec les sons et participations des personnels au grand chœur.
Plusieurs actions en périphérie sont entreprises au long de l’année dans diverses villes du département, les travaux réalisés dans les lycées, entreprises… sont diffusés le plus possible au plan local.
Un comité de pilotage se réunit régulièrement pour réfléchir et prolonger le dispositif, constitué des partenaires institutionnels, d’interprètes, de correspondants dans les villes, d’universitaires et de personnes ressources diverses. L’objectif est l’édition d’un ouvrage théorique et collectif sur l’expérience.
Avec le concours de l’Inspection d’Académie et le Rectorat de Créteil, du Théâtre Gérard-Philipe et de l’Unité d’Archéologie de Saint-Denis...
« Desseins : j’aimerais qu’on s’y retrouve. Quelle perspective. Pouvez-vous appeler tout le monde, nous allons répondre à une commande, la nôtre, un dessein avec de grands dessins comme des maisons, le chantier urbain d’une écriture musicale à échelle inhabituelle, des graphismes savants et généreux, suspendus aux fenêtres ou flottants au dessus de nous, un dessein d’archéologie et un projet de ville, un soir de plusieurs soirs, au milieu des corps, des instruments, des voix, où les danseurs, les artisans, les ouvriers en bâtiment, les cuisiniers, les musiciens… ne sont probablement pas ceux que l’on croit, s’échangeant leurs rôles musicaux, les sons coulant à flots, depuis la petite rivière médiévale du Croult jusqu’à la surface, puis ensuite le long et en haut des maisons…
L’œuvre associe des objets, des espaces, des actes et des idées du quotidien, continue le temps et les occupations presque, s’approprie les sons et les gestes de tous les jours : car le temps de la vie accompagne le travail esthétique et fait partie intégrante de l’œuvre à venir.
L’acte d’architecture n’est jamais terminé, nous n’avons jamais cessé de construire ! Et sans attendre le projet urbain à venir, nous construisons déjà. Essai de transformations, de métamorphoses… La population au travers de tout ce qui constitue le quotidien et les activités ordinaires, ses pratiques spontanées de “dessins”, de “sons” et de “mouvements”, continue d’écrire la ville : l’oeuvre artistique l’accompagne, elle est un moment d’écriture alternatif qui déplace et autorise le dépassement des repères géographiques, culturels, sociaux, professionnels…
Interdisciplinaire, elle tente des formes esthétiques inédites : de la composition musicale au dessin de la partition et à la scénographie, de l’esquisse, des notes graphiques et du plan à la chorégraphie, à l’architecture et à l’urbanisme, de la trace, des lignes et des relevés à l’archéologie, à l’anthropologie, à la philosophie, de la mémoire à la recherche sensible du passé, au présent du monde du travail… !
“Desseins” rassemble les traits, les notes, les à-plat, les tracés, les courbes de plusieurs mois, de plusieurs années, nuits, matins, moments de toutes parts… et vient les vivre dans une “portion de ville / fragment d’atelier”.
Les murs se lisent, comme des partitions, en plusieurs directions ; à observer leurs ouvrages, on voit bien que les architectes induisent le temps. Un temps de l’usage d’un côté, un temps de datation de l’espace de l’autre.
Un temps que l’écriture du plan a finalement laissé en image sur les façades, que la composition décline en elle, que les volumes dessinent, celui que les ombres et les reliefs suggèrent en combinaisons sans cesse mobiles, celui que les couleurs et les matières font en dansant ensemble le long des parois, celui que les fenêtres rythment dans l’abscisse et l’ordonnée urbaines, celui dont chacun de nous dispose pour aller et venir dans son habitat, dans les liaisons, interstices et passages, dans les espaces tour à tour libres et occupés, vides et denses, sourds, légers, lourds, résonnants…
“Desseins” diffuse et spatialise, il écoule vers l’extérieur, jusque loin et au delà : ou sont le centre et la périphérie de la ville, cette question est-elle acculée au territoire, au champ topologique, à la géographie ? Notre mobilité physique et intellectuelle est sans cesse menacée d’échec, celle de nous tous ensemble est plus importante et décisive que celle de chacun de nous isolé. L’art, la musique, la danse et l’architecture travaillent à exercer la mobilité collective, à nous faire courir et à susciter des pauses, créer des occurrences, des coïncidences, des possibles. Comment retenir le piéton dans la ville, comment faire qu’en marchant, il cesse de marcher !? Qu’il touche, qu’il mange, qu’il dessine ou danse en se déplaçant, qu’il bouge pour entendre, qu’il écoute pour se mouvoir ? Comment croiser le plus lointain ? Faut-il se rapprocher, le faire venir ? Le lointain ne serait-il pas seulement l’inconnu ? Jouer alors de notre distance à lui, entre son mystère et sa proximité, ne deviendrait-il pas un formidable projet ?
L’inaudible n’a pas pour vocation à être entendu, ni l’indicible à être dit, ni l’insensible à être senti ! C’est bien pour cela que l’art est apparu et s’impose à nous. Les sons, les corps et les espaces se présentent ici, habités chacun de leurs dessins. L’idée alors s’exerce à l’écriture, ou plutôt au dessin de l’écriture, son lieu de travail. La leçon d’écriture, de la musique ou de la danse ou de la ville, a commencé : nous allons noter les hauteurs, dessiner les clefs, la structure, poser les durées et toutes les nuances accessibles, appeler des vocabulaires, multiplier des signes animés, organiser des événements précis et fragiles de toutes parts, céder du temps, répéter, synchroniser l’ensemble. Quelle perspective !
Le dessein de toutes ces notations semble bien être d’appeler l’architecture, les modes de vie, d’appeler la danse, les conditions du mouvement, les expressions, et les relations à l’espace des corps et de la sexualité, d’appeler la musique, et aussi les sons et les bruits, les paysages et manifestations des objets, les raisons d’être de l’écoute, pour agrandir notre rapport au présent. Pouvez-vous appeler tout le monde ?!
Dessiner le présent, c’est en avoir un dessein !
L'écrit est une injonction, noter, c’est avoir un projet, dessiner c’est inventer, inventer sur le papier, avant toute chose… »

I.Création musicale

a) Partition
L’œuvre comporte trois parties successives :
• La première partie s’étend comme un paysage, à la fois musical, chorégraphique et architectural : un espace au travail, où s’accumulent et se superposent une foule d’activités, d’événements spontanés : des dessinateurs dessinent, des danseurs dansent, des musiciens jouent, des cuisiniers s’emploient à organiser une immense partition alimentaire, des objets sonores se répondent… Chacun est occupé, les partitions se construisent, se démontent, sont échangées, certaines d’entre elles sont suspendues au dessus des interprètes, tombent des fenêtres, des maisons, s’écrivent et s’effacent… Tout un monde “ouvrier” mobile, singulier et collectif à la fois, s’emploie à habiter l’espace de toutes parts, le faire sonner, le faire bouger. Les voix et les sons instrumentaux croisent des enregistrements du travail, ambiances quotidiennes, gros plans intimes. Chaque source est très localisée, l’ensemble construit un paysage musical général.• La seconde partie est un moment de métamorphose : les sources, les gestes, les lumières  se transforment radicalement, des partitions disparaissent, le public se nourrit, les façades dévoilent de nouvelles écritures… La place devient une salle à manger, les maisons s’ouvrent, les façades se retournent vers l’intérieur, s’échangent des objets et des messages, les mouvements sont plus fonctionnels, les sons s’éloignent (hors champs dans la ville) et se rapprochent (musiciens au cœur des spectateurs), la musique devient plus intérieure, plus intime, les partitions qui survolent la place tombent peu à peu libérant tout le volume, horizontalement et verticalement, les échelles vacillent, la lumière descend lentement, l’espace devient plus grand, les lignes de fuite s’éloignent et tandis que les résonances grandissent, les interprètes se rapprochent entre eux.
• La troisième partie est plus symphonique, groupée et concertante, elle fait sonner tout l’espace rendu à l’écoute seule.Plus obscur, ce dernier suggère la ville, les toits et les contours mais laisse imaginer les distances sans les dévoiler.Des interprètes se révèlent de toutes parts, dans un multilangage fourmillant, embrasant l’architecture : voix, instruments, objets sonores, mouvements dansés, oeuvres graphiques… La musique est ce qu'il y a entre les gens (tutti de l’espace), elle assemble toutes les sources entre elles, concentre. L’une des façades, du séchoir au dos de la boulangerie, est au final interprétée “littéralement” (ce sont les contours de l’architecture qui sont physiquement chantés, interprétés), le balayage d’un faisceau lumineux permettant de suivre le sens de la lecture musicale.

b) Scénographie
La scénographie allie beaucoup d’éléments simultanés ou successifs, dans la chronologie des trois partitions du concert.
• L’objectif premier est d’évoquer une ville plurielle et complexe dans cet endroit (sans aucune théâtralité)… Les interprètes sont virtuellement tous des habitants, les actions aux fenêtres ou au centre ou dans le ciel… sont comme des actions de vie quotidienne transposées...
• Le chantier de fouille ultérieur est déja présent, ses avant-dessins projetés pendant le concert, suggérant les rues, les espaces et les objets possibles de la partie médiévale, les remparts de la partie carolingienne, les révélant en superposition au présent…
• Dans cet îlot, les maisons tournent le dos à la place : ainsi, au lieu de se mettre en avant, comme “en représentation”, ces bâtiments offrent de grandes possibilités de détournement, d’hypothèses, de décalage : l’habillage des fenêtres, ce qui peut s’y “passer”, les couleurs et les lumières que peuvent révéler les façades..., permettent à l’architecture d’être traversée par des histoires et des fonctions très diverses.
• Les musiciens sont partout, évoluant au cœur du public.Ils habitent le lieu, en très grande proximité avec les auditeurs, lisent leurs partitions sur les murs ou sur celles qui sont suspendues au dessus d’eux.
• Un groupe de paysagistes peint une ville sur une façade d’immeuble, durant toute la manifestation, ville à l’intérieur de laquelle ils dessinent des sons et des mouvements, retracent les déplacements urbains, projettent des activités professionnelles, des moments de vie imaginaires.
• La lumière emprunte l’usage des éclairages de ville, donnant au site un réalisme urbain et le sublimant, y compris dans les moments les plus oniriques ou abstraits.

c) Groupe “d’accord”
Un groupe de réflexion se réunit une fois par trimestre durant le dispositif :il suit le déroulement du projet, le met en perspective, l’analyse et le problématise (groupe de dépassement, d’apostrophe, d’accompagnement critique, de coordination, d’ouverture et de réflexion dynamique). Il est la partie théorique adossée aux actions sur le terrain, qui lui permet de prendre une distance simultanée, de projeter la réalisation dans des perspectives sans cesse réalimentées.
De façon non limitative et entièrement libre sont invités à participer à ce groupe de réflexion :
- tous les partenaires financiers institutionnels du dispositif,
- les représentants des collectivités, institutions et structures partenaires ou collaboratrices,
- les interprètes, artistes et acteurs du projet (à la production comme à la réalisation comme à la technique),
- les habitants,
- des personnes ressources extérieures, universitaires ou responsables culturels.

d)Actions annexes et traces
Diverses actions de communication interne et externe sont entreprises, tout au long du projet :
- un carnet de notes, en forme de journal,
- l’édition finale d’un ouvrage de synthèse, comportant divers dessins et partitions réalisés, probablement des éléments sonores de mémoire, ainsi bien sûr qu’un rassemblement thématisé des éléments écrits successifs qu’aura généré le projet (carnet de notes, comités de pilotage, réflexions diverses, contributions des personnes ressources…),
- la réalisation d’un court-métrage vidéo sur la manifestation elle-même (en cours).

II. Déroulement du dispositif

a) Histoire d’un projet
Nous suivons un dispositif qui, construit durant trois ans, se clôture fin juin 2004 pour sa partie publique (un travail de traces et de réflexion se poursuit en effet au delà de cette date), sur le thème du rôle du dessin et du langage graphique dans la pensée musicale et dans la conception des projets architecturaux et chorégraphiques : “Desseins” explore les liens possibles entre diverses formes d’écritures…, partitions, plans, esquisses, graphismes, signes et toutes manières de tracer un projet. La première expérimentation publique, “Carnet de notes”, eut lieu en janvier 2003 (programme 2002)  : de nombreuses leçons scénographiques ont été tirées de cette manifestation, fortement inspirée, qui servent de base à l’usage de l’espace, au rapport à l’architecture, au rôle de la danse, pour la manifestation finale dans l’Îlot Cygne de Saint-Denis.
Le long de ce dispositif, certains travaux sont publics et donnent lieu à des rendez-vous artistiques fixés en des lieux et des temps déterminés, d’autres ne sont ni visibles ni audibles ni partageables par tous, fourmillent dans leur propre recherche ou élaboration : ce sont des enregistrements de lieux de travail, des ateliers vocaux, des rencontres artistiques entre des acteurs que tout éloigne (étudiants, enfants, interprètes professionnels, ouvriers, universitaires…), des travaux sonores divers, des groupes de réflexion, des expérimentations sonores, etc.
L’un des objectifs du dispositif est de jouer la départementalisation du thème, d’associer des acteurs d’une dizaine de villes du 93, de générer des croisements et des sédimentations diverses : il s’agit, de façon non exhaustive, des villes de Saint-Denis, Stains, Aubervilliers, La Courneuve, Dugny, Saint-Ouen, Pierrefitte, Villetaneuse, Montreuil, Le Raincy… Ces villes sont associées le plus possible, d’une part pour dynamiser l’implication communale dans un projet à vocation départementale, d’autre part pour valoriser la participation de l’institution, du groupe ou de la structure impliquée localement dans le projet. Plusieurs actions entreprises dans les villes ont en effet pour vocation de pré-éxister dans leur lieu propre avant d’être intégrées dans la manifestation finale qui se tient en juin 2004 dans le centre ville historique de St Denis : comment penser le tout à partir du détail et montrer le détail en tant que tel, comme élément abouti d’un tout à venir ! Les travaux rendus visibles pourront être des expositions du travail des lycéens, l’interprétation des partitions solistes des instrumentistes locaux dans les concerts de fin d’année des conservatoires, un accrochage de grandes toiles dans l’espace urbain, des diffusions de dessins chorégraphiques dans les bus, etc…

b)Opportunités dans la commune de Saint-Denis
Un projet urbain de rénovation du centre ville historique est en cours, avec un certain nombre de préoccupations : piétonnisation, revitalisation de la vie nocturne, de l’offre culturelle permanente, réhabilitations de l’habitat, amélioration des transports et liaisons de plusieurs ordres, réinvestissement de l’urbanisme, coutures avec les autres quartiers, etc. La ville s’investit dans des manifestations artistiques publiques qui interrogent le quotidien et la vie du centre ville, suite aux modifications structurelles qu’elle va opérer sur le sol, le bâti et dans le fonctionnement de certains services et commerces (restaurants, cafés…)…
Elle cible des lieux emblématiques pour la lisibilité de son projet, cherche des points d’appui chez ses partenaires…
Au même moment, l’Unité d’Archéologie de Saint-Denis célébre ses 30ans, courant 2004, et cette année-là, dans le site névralgique de l'Îlot Cygne, d’importantes fouilles préventives vont être entreprises.
L'Îlot Cygne n'est plus aujourd’hui un endroit très représentatif de l'urbanité, il est très hétérogène sur le plan architectural, ne présentant que les dos des maisons, s’offrant en retournement. La requalification du centre ville est ici particulièrement à l’ordre du jour, les lieux sont vétustes, parfois très abîmés et peu entretenus, squattés pour partie, et cette question est d’autant plus cruciale que des vestiges nombreux et historiquement prestigieux s’y dégradent. Cet espace est donc un des lieux emblématiques de cette anniversaire de l’archéologie.
Si les signes architecturaux contemporains y sont peu présents, ce site n’en est pas pour autant dépourvu : il offre plusieurs points de vue en profondeur (Basilique...) et allie plusieurs époques, avec la présence remarquable entre autres d’un vieux séchoir et d’une batterie de lavoirs datant du XIVe siècle, le long des traces d’une rivière souterraine, le Croult, qui émerge ici dans une canalisation datant du IXe siècle, mais aussi d’un four potier du XIVe siècle,  de caves datant du bas moyen âge, le tout recouvrant des vestiges carolingiens.
Des recherches ont été effectuées avec des historiens, sur l'histoire du lieu, liée à la rivière, mettant à jour une activité artisanale urbaine continue, ateliers de forge, fonderies, verrerie, cordonnerie, poterie… partant du VIIe siècle jusqu’à des entreprises de blanchisserie du siècle dernier .
Il nous paraît intéressant de proposer en amont des fouilles une lisibilité de ce grand chantier à venir, de faire un premier geste “anthropologique” en simulant ou en symbolisant le chantier de fouille d’une part, en révélant dans la création musicale d’autre part, par une mise en scène appropriée, le geste architectural historique qui prévalu aux écritures successives de ce lieu, nommant aussi l’archéologie (et ses reconstitutions graphiques) comme moteur de la création.
L’Unité d’Archéologie de Saint-Denis est productrice de dessins et plans, elle fait remonter à la surface l’intelligibilité des sources (parfois en leur absence), leurs origines et leurs directions, elle produit aussi du dessein, en ce sens qu’elle interprète l’histoire (l’histoire n’est pas le catalogue de ses traces ou de ses souvenirs, c’est l’œuvre d’interprétation qu’on lui offre qui lui donne son existence et son sens). Une collaboration riche en matérialité et en métaphores, a été possible ici !

c) Un travail artistique continu et entremêlé
Pour chacun des groupes d’interprètes, la méthodologie est la même : des phases superposées et progressives, un travail de documentation et de mémoire, un travail d’élaboration, de conception ou de création et un travail de production, d’exercice, d’interprétation puis de mise en abstraction finale : la création en public.
Autour, avant, après, hors de l’œuvre, des circulations démultiplient le projet et les idées, quelques interstices théoriques se glissent dans des réunions, la communication interne cherche des voies nouvelles, des comités de pilotage densifient les rapports, les invitations à se rencontrer se multiplient, la circulation des traces s’organise.
Les collaborations avec les diverses institutions du département, construites durant le premier semestre 2003, donnent lieu à un travail continu durant toute la saison 2003-2004.Celui-ci alterne des séances singulières (recherches, expérimentations...), avec l’écriture en cours, avec des répétitions et des séances collectives...

Ces collaborations recouvrent plusieurs champs :

a) Les écoles de musique et conservatoires
  • Trois conservatoires de trois villes de Plaine Commune, Saint-Denis, Stains et Pierrefitte, proposent 3 ou 4 instrumentistes remarquables, parmi les élèves : le compositeur construit avec chacun d’eux un travail soliste d’une part, dédié à leur personnalité musicale, les intègre d’autre part dans l’écriture d’orchestre.
  • Le Conservatoire National de Région d’Aubervilliers/La Courneuve participe au projet avec sa classe de contrebasse (augmentée de la classe de contrebasse du conservatoire de Montreuil), dirigée par le soliste Jean-Christophe Deleforge.Celle-ci rassemble une trentaine d’instrumentistes : le travail offre deux niveaux, une partie “soliste”, pour l’ensemble lui-même et une partie tutti, avec tout l’effectif.
  • Le Conservatoire National de Région d’Aubervilliers/La Courneuve participe de plus avec son choeur d’adolescents, dirigé par Marie Joubineau.

b) Une compagnie de danse
  • La Compagnie des prairies, dirigée par la chorégraphe Julie Desprairies, travaille toute l’année, selon sa façon personnelle de composer la danse, à partir des éléments architecturaux du site du concert d’une part, des éléments qui parcourent le projet d’autre part, les lieux de travail enregistrés, les partitions et graphismes en cours, les propositions des enfants, etc. L’ensemble de cette matière donne lieu ensuite à une écriture, qui est apprise aux enfants et développée par eux.L’idée sera plus tard que les enfants eux-mêmes transmettent ce travail à tous les interprètes (dessinateurs, musiciens, danseurs…) pour contribuer à ce que le concert soit de façon globale chorégraphié.
  • Julie Desprairies travaille en outre toute l’année avec une classe de l’Ecole de la Légion d’Honneur d’une part, avec les huit danseuses de l’ensemble chorégraphique “Anacrouse” de Paris VIII.

c) Des entreprises du département
Le travail est comme la face cachée de la ville, nulle part les politiques de la ville y font allusion, pas même les projets urbains, que dire de la centaine de colloques sur les quartiers et l’avenir des villes qui n’en font jamais cas... On y parle d’habitat, de transport, de commerces, d’espace public, d’écoles et de loisirs, pas de travail ! Les artistes eux aussi se sont détournés du monde du travail, les comités d’entreprise sont isolés, et le terme même de “travailleur” en fait sourire plusieurs. Évidement ce grand travestissement de la réalité de la ville conditionne aussi la manière de la penser, de la sectionner, de l’aménager. “Dessein” souhaite mettre le travail (les personnels plutôt que les entreprises, les corps plutôt que les produits, les compétences humaines, culturelles et sociales plutôt que les compétences de services et de technologie) au cœur de ses résonances, que les sons des métiers chantent, que les corps dessinent l’espace, que les voix des chairs (des efforts et/ou des plaisirs) s’élèvent.
Le programme comporte trois développements :
- la constitution d’une mémoire sonore : il s’agit d’enregistrer les postes de travail, documenter les prises de son et poursuivre ainsi l’archivage sonore du monde ouvrier entrepris par Nicolas Frize depuis 20 ans,
- l’inspiration sonore au service de l’expiration musicale : une sélection des sons captés sur les sites de travail est intégrée dans les bandes magnétiques de l’œuvre (réalisées simultanément, dans les studios des Musiques de la Boulangère, avec les étudiants du lycée professionnel Suger/BTS audiovisuel), démultipliant les apports sonores dans l’oeuvre - jouant par voie de conséquence le rôle de témoin contemporain de ces réalités,
- une proposition de participation artistique : les personnels ont été invités à rejoindre le grand chœur, suivre les répétitions et la formation musicale attenante et participer en qualité de choriste à la création.
Les entreprises contactées pour être co-actrices du projet (à travers les CE) sont :
• Tiru (Traitement Industriel des Résidus Urbains) à Saint-Ouen
• CPCU (Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain) à Saint-Ouen
• Diverses PME dans le territoire de Plaine Commune (Inter Routage, La Poste…)

d) Un lycée professionnel d’Audio-visuel (BTS Son)
Les étudiants en BTS audiovisuel du Lycée Suger de Saint-Denis sont associés au dispositif, à trois niveaux : des élèves de seconde année participent aux captations sonores dans les entreprises (dans le cadre de leur stage en entreprise), des élèves de première année participent à l’aspect diffusion et spatialisation du son au moment des concerts de juin, d’autres de cette promotion réalisent un film documentaire durant l’année sur le dispositif dans son ensemble.
La méthodologie de la captation sonore est la suivante : - identification des sources et des sites puis discussion avec les personnels sur leur propre approche auditive et sonore, - prises de son, avec tests comparatifs de matériels (micros principalement), études des champs de perception, des durées, temporalités, des dynamiques et des timbres, des points de vue (objectif ? subjectif ?), - classement et indexation, recherches documentaires sur les lieux, les sources, les gestes du travail, dénominations des prises et des situations, notes techniques pour la traçabilité…, - restitution auprès des personnels sur place…
Une réflexion importante est conduite à cette occasion sur la notion de mémoire sonore et de captation documentaire, en plusieurs temps. De nombreuses questions éthiques, esthétiques, idéologiques, techniques sont soulevées dans ce type d’opérations, qui ont toutes leurs conséquences sur le résultat et ses appréciations. Conserver la mémoire de l’audition des personnels n’est pas la même chose que conserver la mémoire des sons, ni des gestes du travail : que laissent-ils échapper, qu’expriment-ils, de quelle façon les “auteurs” des bruits et ambiances sont-ils associés au travail ethnologique de leur milieu ?

e) Un lycée professionnel d’Hôtellerie
Le lycée Rabelais de Dugny s’implique dans le dispositif de façon interdisciplinaire, associant plusieurs professeurs et donc plusieurs thématiques dans la collaboration artistique : diverses pistes sont suivies, celle de l’apport graphique dans la relation à la table, à la présentation et à la recette, celle de l’histoire de l’alimentation et des usages de la table (en relation avec l’archéologie et le patrimoine), celle de l’écoute des métiers de la table, du sens de l’environnement sonore et des bruits dans l’approche qualitative de ces métiers de l’hôtellerie, celle bien sûr de l’acte culinaire particulier que le lycée va proposer pour la manifestation finale en 2004 (en effet un élément de nourriture particulier a été dessiné puis offert au public pendant le concert, dont la présentation préalable et la trace ensuite s’inscrivaient dans le dispositif graphique de la scénographie). La nourriture n’est pas un divertissement, elle s’inscrit ici simultanément comme métier, comme objet de connaissance et comme œuvre (avec sa matière d'œuvre, sa main d'œuvre, ses propositions esthétiques, son innovation gustative).

f) Trois lycées
Deux classes de terminale et première, en section Arts Plastiques, du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, du lycée Albert-Schweitzer du Raincy et du lycée Jean-Jaurès de Montreuil abordent la musique, l’écriture architecturale et le geste dansé à travers les thèmes scolaires en vigueur : l’oeuvre et le lieu, l’oeuvre et le corps.Ils travaillent toute l’année encadrés par leurs professeurs de dessin (Régine Bourdon, Claudie Laks et Joëlle Girard) à réaliser des propositions graphiques de tous formats, qui circulent ensuite dans le dispositif, avec plusieurs statuts :
- ils alimentent la réflexion du travail chorégraphique et musical dans les écoles,
- ils sont diffusés en divers moments du projet, aux entreprises, dans les escaliers d’immeuble attenants à l’îlot Cygne, dans les bus, appréhendés potentiellement comme tracts « vivants »...,
- ils participent du concert final à Saint-Denis, en faisant l’objet d’un travail graphique in situ pendant l’exécution musicale.

g) Une école primaire et une école maternelle
L’école maternelle La Source (directrice Frédérique Védie) et l’école primaire Roger-Sémat (enseignante, Nadine Corbières) participent au dispositif avec un programme artistique commun.
Deux pratiques continues sont proposées et organisées durant la saison, avant les représentations de Juin, l’une portant sur la danse, l’autre sur la musique.
La Compagnie Julie Desprairies travaille autour de plusieurs pistes :
- les relations du graphisme et du mouvement, “quel dessin pour quel dessein ?”,
- la réappropriation par les enfants de mouvements “empruntés ailleurs” (suite aux visites que la chorégraphe fait en amont au Lycée d’Hôtellerie, dans chacune des entreprises, à l’école de Versailles, auprès du chef de chœur lors des répétitions vocales…),
- des recherches à partir des objets attachés au site du concert. L’objectif sera ensuite, en 2004, de proposer aux enfants de transmettre tout ce travail dansé de l’année écoulée à l’ensemble des autres interprètes du concert.
Nicolas Frize mène lui-même les séances musicales dans les classes, pour un travail sur la voix chantée et parlée en relation avec l’environnement sonore et avec la notion de paysage. Plutôt qu’un travail choral ou d’ensemble, il est ici proposé aux enfants de vivre une rencontre inhabituelle avec des sources singulières, qui varient selon des modalités temporelles écrites et dirigées ou “signalées” (par le geste ou le dessin), de réagir à des stimuli graphiques de divers ordres, de dessiner les sons et les environnements et de chercher des interprétations.

h) Les universités
  • ÀParis VIII / Saint-Denis, une collaboration singulière est entreprise avec Pierre Rabardel, professeur des universités, travaillant au Département de Psychologie et responsable du Laboratoire Psychologie et Ergonomie : conception, usages, compétences (auteur de “Les hommes et les technologies - Approche cognitive des instruments contemporains”) : il participe aux comités de pilotage et fait une étude personnelle, à travers “Desseins” sur les ressorts de la création musicale.
  • À Paris XIII Villetaneuse, deux collaborations sont esquissées, l’une avec Madame Danielle Roussellier, professeur et chercheur au Centre de Recherche et d’Etudes en Sciences Cognitives (auteur entre autres de “La métallurgie et les métallurgistes en banlieue au XIXe et XXe siècle”), l’autre avec le service culturel de l’université.

i) Les musiciens interprètes indépendants
  • Le choix des musiciens professionnels est dans la continuité de l’expérience précédente “Carnet de notes” : Olga Pitarch, soprano, Bertrand Chuberre, baryton, Patricia Kraeutler, flûte, Maude Gratton, orgue, Sylvain Lemêtre et Cyril Hernandez, percussions, Jean-Christophe Deleforge, contrebasse…
  • Un grand chœur est par ailleurs constitué, en faisant appel à de nombreuses sources “naturelles” : l’ensemble des choristes amateurs qui suivent depuis de nombreuses années les créations montées par Les Musiques de la Boulangère (et qui sont le plus souvent adhérents), les habitants logeant immédiatement aux abords du site, les personnels des entreprises qui ont participé au travail de mémoire sonore, les interprètes dessinateurs ou danseurs participants et tous les volontaires inscrits pour entrer dans le dispositif : plusieurs annonces presse et campagnes de communication internes à la ville de Saint-Denis ou au département ont été effectuées.

j) Les habitants
Les habitants sont approchés pour entrer dans le grand chœur et suivre le travail musical sur l’année.Mais avant cela, l’implication des résidants est multiple, ils participent à un important atelier sur le patrimoine architectural local, sont associés à la dynamique scénographique qui s’implante peu à peu sur le quartier, préparent durant toute l’année leur apport personnel dans manifestation finale : autour des fenêtres, des façades, des escaliers, des couloirs, une communication graphique se met en place... Il s’agit de témoigner du collectif, de faire sonner la ville et de la sentir, comme un auditorium renversé, où la scène est dans la salle. L’idée est de contourner le sectionnement géographique (les espace dits “privés”) pour construire du concert et de la chorégraphie collective, travailler l’écoute des langues (leur expression n’étant pas que linguistique), arpenter l’architecture en horizontal et en vertical : à travers cette synergie collective sur le visible et l’invisible de s maisons (quelle image ou idée extérieure avons-nous de l’intérieur des habitations), on combat le repli (chacun n’a pas sa vie). Au moment des concerts, les fenêtres jouent elles-mêmes, de couleurs, de projections d’objets, de partitions, d’interprètes, s’unifiant et s’échangent leurs décorations, leurs fonctions.

l) L’École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles
Le travail effectué lors de Carnet de notes avec huit élèves de première année en 2002 se poursuit : l’écriture architecturale et environnementale se complexifie cette fois-ci avec des recherches dans plusieurs directions, plus organique, dépassant le descriptif physique et entrant davantage dans l’usage. Nicolas Frize dirige en outre plusieurs interventions pédagogiques à Versailles, autour de la question de l’environnement sonore urbain.
Comment le crayon ou le pinceau peuvent-ils traduire les mouvements des gens à l’intérieur d’un projet de paysage, leurs activités, leur approche sensible, la sonorité de leurs activités et relations, le mouvement des corps dans la ville, les regards, le silence, etc.

m) Un dessinateur
Une commande est passée à François Bouillon pour suivre le dispositif durant toute la saison et produire un travail personnel de création, à partir des ateliers, enregistrements, réunions : l’objectif n’est pas de le substituer à un photographe, mais de lui suggérer de traduire par son expression propre, ce qui constitue le projet, son essence, ses ouvertures, ce qui l’habite… Au vu des propositions de l’artiste, la commande sera finalement abandonnée.

n) L’Unité d’Archéologie de Saint-Denis
Ce partenaire essentiel, au cœur du devenir scientifique du site de l’îlot Cygne est associé bien sûr à tout le projet et l’alimente considérablement tout au long de sa réalisation. Les pistes de collaboration sont sans fin, une archéologie de l’écriture naît avec le projet, avant que les fouilles concrètes se mettent à faire danser l’Histoire. Desseins participe à la continuité de la mémoire de la ville en inscrivant un travail artistique dans son héritage.
L’Îlot Cygne : “D’un point de vue archéologique, ce terrain occupe une place stratégique au sein du bourg monastique car il est traversé par l’enceinte carolingienne dont les fossés sont alimentés par le Croult, rivière canalisée au ixe siècle. Une fouille pratiquée en 1992 a mentionné l’existence d’un habitat précoce et confirmé la vocation artisanale de cet îlot, qui recèle au moins un four de potier du XIVe siècle. D’un point de vue architectural, le site recèle un bâti allant de l’époque moderne à l’ère industrielle (habitations, fabrique, séchoir à étoffes, lavoirs) et des caves susceptibles de remonter au bas Moyen Âge. L’îlot du Cygne est l’un des rares témoins du Saint-Denis pré-industriel. Il offre une “tranche d’histoire urbaine”, comprise entre le haut Moyen Âge et le XIXe siècle, inaugurant toute une réflexion trans-disciplinaire”

o) Le sens d’une résidence départementale
Les Musiques de la Boulangère poursuivent leur travail en synergie avec les ressources musicales du département, en associant les structures pédagogiques existantes sur le territoire.
L’objectif est de construire un collectif de réalisation avec des couches de populations isolées géographiquement ou professionnellement, par leurs âges, leurs préoccupations, leurs activités, leurs implications sociales : salariés d’entreprises, étudiants, écoliers, artistes professionnels, intellectuels, jeunes ou populations locales anciennes...
Il s’agit aussi de croiser les arts, la musique, l’architecture et la danse dans une dynamique double, de “mise en culture” et de création.Beaucoup de thèmes transversaux ou de préoccupations militantes ressortent de cette façon de procéder :
- des questions d’esthétique : quels relations est-il possible de faire naître entre les formes d’un projet artistique contemporain et des formes sonores ou corporelles tirées du quotidien ?,
- une manipulation des échelles de toutes natures : qu’induit la verticalité dans la ville , ou bien aller vite ou lentement, ou bien être petit ou grand ? quand est-ce que le temps est vertical, quand est-ce qu’il est horizontal ?,
- des nécessités de croisement de populations sur une action concrète dans la durée : les enfants et le monde du travail, les habitants et le milieu universitaire, les interprètes musiciens et les paysagistes… Approcher et sentir la motivation des autres, c’est non seulement interroger la sienne, mais surtout découvrir des polysémies, des angles de vue inattendus, se déplacer dans sa perception, dans son rapport au projet...,
- le besoin de la complexité : celle de l’œuvre musicale tout comme celle de l’organisation urbaine,
- un besoin d’écoute et d’implication du champ auditif, dans tous les sens du terme : la mémoire des sons, des gestes du travail n’alimente pas un objectif nostalgique ou esthétique ; au contraire l’ethnologie contemporaine est bien un acte d’écriture du présent, une façon de s'appuyer sur ce qui (se) passe pour écrire ce qui va (se) passer),
- une démultiplication des idées, par l’appropriation successive et le travail perpétuel de transformation.

Par exemple : l'entreprise TIRU que nous avons enregistrée et fait entendre retraite les déchets contemporains et transforme ce qu’elle collecte en chaleur urbaine, qui est dirigée ensuite vers les habitats sociaux ou hôpitaux de Paris et de Seine-Saint-Denis, etc... A l’autre bout de la chaîne du temps, c’est par les déchets qu'ils retrouveront dans le lit du Croult que les archéologues comprendront, analyseront les époques traversées.A l’autre bout du département, le lycée d’Hotellerie de Dugny est lui aussi au coeur de cet acte de transformation alimentaire ; pour lui le déchet, c’est ce que l’artiste cuisinier n’a pu mettre dans son œuvre culinaire, ou bien c’est l’emballage préalable de la matière d’œuvre, ou ce que l’homme repu a abandonné à l’issue du repas !

L'histoire de la transformation se rapproche de l'histoire tout court, cette transformation est un formidable lieu de tension, de liaison, elle renvoie au travail de l’homme mais aussi à sa sensibilité, à l’Histoire, à la complexité, aux formes, aux usages, à l’Art.

L’Histoire ne se réduit pas à l’interprétation du passé : celui-ci, archéologique, industriel, idéologique, culturel, social…, est approché comme constitutif du présent et ouverture ou disponibilité au futur.Il n’est pas regardé comme quelque chose d’antérieur et de fini, comme une racine ancienne, avec contemplation ou intérêt savant, il est observé en tant qu’aliment du présent, comme une queue de comète, infinie, dans sa persistance mais aussi sa signature propre, les traces de ses transformations n’étant que des étapes du présent : le présent n’est pas l’instant, c’est la somme des diverses temporalités qui l’ont traversée.


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