Essaimées

2021-05-13

Une nouvelle création de Nicolas Frize
Les 13, 14 et 15 mai 2022
Le 7 février et le 28 mars, deux concerts préambules seront donnés dans des espaces inattendus de la ville.

Nicolas Frize et Les Musiques de la Boulangère entament un deuxième volet à la création « Soufflé » créé en 2011 en s’immergeant dans un lieu emblématique de la Ville de Saint-Denis : LE LYCEE PAUL ELUARD 

TOUT COMMENCE PAR UNE RESIDENCE

Dans ce nouveau projet, Nicolas Frize plonge dans la vie d’un lycée, ses cours, ses usages, son quotidien, pour venir « rencontrer » les disciplines, et à travers elles, ses interprètes, les élèves et les professeurs. 

Le compositeur s’invite dans les classes de seconde, de première et de terminale, s’assoie à 71 ans aux côtés des élèves dans les classes de français, de physique, d’Histoire, de philosophie, de sport, de microbiologie, d’arts plastiques, d’informatique, de sciences de la terre…, imagine un projet artistique qui viendrait rendre compte de ces matières...

Nicolas Frize a toujours déplacé les salles de concert et les lieux consacrés de la culture, donnant ses manifestations dans des usines, des écoles, des hôpitaux, des prisons, des bureaux, dans l’espace public… Des manifestations d’envergure, après des mois d’écriture avec les « habitants » ou les « travaillants » de ses lieux, en les transformant entièrement, les servant autant que les interrogeant.

Ici, un lycée ! Un lieu de transmission certes, mais évidement un lieu social et polymorphe, présentant des espaces et des usages très divers, stimulant autant de paroles que de textes, brassant un foule de langages… Un lieu en prise avec la ville, faisant corps avec elle. Un lieu social, un lieu de service public, un lieu d’appropriation culturelle.

C’est également un lieu de résistance et de création.

Il résiste à la totale dématérialisation (des ouvrages, des relations, des démarches, des sources culturelles, de certains dispositifs pédagogiques …), maintient le langage oral, la rencontre physique et l’expression à bouts de bras, cherche comment maintenir un rapport au savoir des choses tout en privilégiant l’appropriation sensible et l’interprétation personnelle. Pour cela, il trouve des chemins de traverse, s’invente des langages parallèles, expérimente les écrits par le ton et le souffle, combat l’inhibition des corps qui se cherchent et des voix qui faillissent en n’abandonnant jamais le texte, l’écriture, le dessin, le plan, l’approche physique.

Les pratiques artistiques, en tant que moteurs de l’intime et révélateurs de questions sociales se doivent, plus que jamais, d’être au cœur de cette résistance.


La création musicale qui nait est ascendante, élaborée en coopération avec les enseignants, les élèves et agents volontaires :
l’idée n’est pas d’ajouter un atelier musical parallèlement aux cours, mais tout au contraire de partir des enseignements existants (quelle que soit la discipline), des outils et objets pédagogiques, pour les prolonger artistiquement (et conceptuellement), exploitant leur dimension sensible, transformant quelques parcelles de leur applications ou pratiques en instruments possibles, en matières vivantes d’une œuvre artistique.

TOUT FINIT PAR DES CONCERTS


« Essaimées » se présente comme un grand concert de plusieurs concerts !

La manifestation sera donnée dans divers espaces du lycée, réfectoire, gymnases, amphithéâtre, stade, halls, salles de cours, de philo, de chimie, de technologies… Tous ces espaces fonctionnels sont l’occasion chaque fois d’inventer des scénographies, des conditions de présentation, d’écoute et de participation originales.


Le pari de ce projet est de faire des possibilités physiques de ce lycée, l’espace total d’une manifestation musicale contemporaine, revisitant les lieux et leurs usages pour les ouvrir largement au public et de façon déambulatoire : cette manifestation musicale, plutôt inattendue à cet endroit, présente en effet de façon simultanée une trentaine de pièces, créations et installations. Le programme est vaste : seront présentées les créations musicales que Nicolas Frize y aura composées, plusieurs œuvres de répertoire, et deux commandes que Les Musiques de la Boulangère ont passées à de jeunes compositrices, Megumi Okuda (CNSM de Paris) et Tania Cortès (Université Paris 8).

Le projet rassemble plus de 200 interprètes, autour de partitions qui sont regroupées en « styles d’écriture »
, permettant au public de connaître avant d’entrer dans une salle la teneur et l’intention des pièces présentées. Les œuvres programmées sont toutes de courte durée, comprise entre 4 et 6 minutes et données plusieurs fois par séance. Ainsi le public, invité à déambuler dans l’ensemble des bâtiments choisis et compose son propre programme au cours de la manifestation (muni d’un plan et d’un répertoire par lieu)… Cela lui donne une autonomie d’action et fait de cette proposition un instant ludique, ce qui est précieux pour appréhender ces œuvres inconnues.

A L’ORIGINE DES DIVERSES CREATIONS MUSICALES DE CE GRAND PROGRAMME


Une thématique traverse ainsi le dispositif : les relations entre l’écrit et l’oral !


Ces relations sont des occasions de traduction (passage de l’écrit à l’oral et inversement), de transformation (ou de mutation) et d’interprétation bien sûr : on imagine rendre visible les partitions, rechercher de liens originaux entre des écritures et des interprétations musicales, entre des écritures entre elles, de la calligraphie au codage informatique…

Un important travail sur les arts plastiques est bien entendu conduit en parallèle.


Tout au long des années passées, le compositeur s’est essayé à de multiples transcriptions graphiques de situations sonores, de paysages musicaux, de langages parlés… Ces recherches d’écritures alternatives ont essaimé toutes ses partitions. Il y a là une évidence : la pratique musicale (écrite) fait un pont naturel entre l’écrit et l’oral, les partitions n’ayant pas vocation à être appréciées comme écritures mais comme supports à des rencontres orales et auditives.

Toute situation orale revêt un caractère de traduction, et donc d’interprétation. La musique métamorphose l’écrit : en transformant l’impression papier ou numérique en impression sonore, elle peut inventer des formes inouïes. Les textes se disent comme ils sont écrits mais ils peuvent également se traduire dans des langages musicaux ou des métaphores sonores…
On imagine un dialogue de langues étrangères, les sons expressifs de l’écriture, du dessin ou de la peinture, des livres qui chuintent et susurrent, des mots qui se chevauchent et des sons qui les rencontrent, des interprètes qui composent à partir de supports inattendus, des compositeurs/trices qui inventent des traductions intraduisibles…

Il nous faut vaincre cette solitude inexorable dans laquelle nous plongent l’écriture et la lecture, que produit l’inhibition devant notre expression orale. Au delà de nos désirs d’apprendre, nous voudrions entendre les secrets de l’écriture autrement qu’avec nos seuls yeux, les retrouver dans des partitions, les retrouver dans des concerts.

En arts plastiques, les jeux sont sans fin : dessiner des textes avec de telles enluminures (calligraphie) qu’ils en deviennent une partition, écrire des mots ou des lettres pour faire apparaitre les traits du visage dans une photographie, travailler une écriture qui rende compte des sonorités et des accents d’une musique, laisser s’échapper des partitions géantes des fenêtres, coulant le long des parois, afficher au sol ou dans les airs de textes intraduisibles, écritures graphiques inouïes, amonceler des livres, propager des signes dans l’espace…

PARTENAIRES

A travers le lycée Paul Eluard, le projet se veut fédérateur et regroupe des structures d’horizons différents :

- avec les conservatoires de Saint-Denis, d’Aubervilliers-La Courneuve, d’Eaubonne, de Paris 12e, d’Issy-les-Moulineaux, de Gennevilliers…
- avec les collèges Fabien et La courtille de Saint-Denis,
- avec le CICM de Paris 8,
- avec les Tréteaux de France,
- avec les lycées Claude-Garamont de Colombes et Germaine-Tillon du Bourget.

Le projet est produit par l’association Les Musiques de la Boulangère, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Ile-de-France / Ministère de la Culture, de la Région Ile-de-France, du Département de la Seine-Saint-Denis, de la Ville de Saint-Denis, de l’Education nationale, de la Spédidam…

Merci également à la DAAC de l'Académie de Créteil pour son aide et sa collaboration.

Partager sur les réseaux sociaux: